Pour moderniser 5 lignes de nuit, le gouvernement a opté pour un dispositif inédit en France : faire appel à un loueur (modèle Rosco pour Rolling Stock Operating Company) qui commandera les trains et les louera à l’État sur longue durée. Cet appel d’offres pèse 1,1 Md€ pour une tranche ferme de 27 locomotives et 180 voitures, sans compter les options. L’exploitant sera sélectionné ultérieurement.
Sur 4 loueurs initialement intéressés, seul le luxembourgeois Alpha Trains a remis une offre engageante début août. Il s’appuierait sur le suisse Stadler pour les locomotives et l’espagnol CAF pour les voitures. Ces dernières seraient assemblées dans l’usine française de CAF à Reichshoffen. Mais ce choix implique un vrai défi industriel : le constructeur devra concevoir et faire homologuer un modèle de train entièrement nouveau dans le calendrier très court imposé par l’État.
La procédure s’est allongée, avec plusieurs dépôts successifs et un cahier des charges modifié en cours de route. Deux candidats, Railpool et Beacon Rail, se sont retirés, invoquant notamment des contraintes de calendrier. Akiem n’a pas déposé d’offre finale, tout en critiquant une « surspécification » du matériel demandé et en plaidant pour des solutions déjà homologuées en Europe.
Le ministère doit trancher avant la fin de l’année, sous peine de fragiliser le financement prévu dans la loi de finances 2026, mais se retrouve avec un appel d’offres sans concurrence.



