Selon une étude de l’Insee publiée en juillet 2026, 830 000 personnes, soit 3 % des actifs en emploi en France métropolitaine, appartiennent au « sommet de l’échelle socioprofessionnelle », autrement dit à la catégorie des « dirigeants et professionnels de haut niveau ». Composée de dirigeants et de professionnels de haut niveau, cette catégorie se distingue par un niveau scolaire élevé, une forte présence des indépendants et des revenus supérieurs à la moyenne.
Des professionnels très qualifiés
Pour l’Insee, la catégorie des « dirigeants et professionnels de haut niveau » regroupe les professions qui concentrent le plus de responsabilités ou d’expertise dans leur domaine. Elle rassemblait 826 000 personnes en moyenne entre 2021 et 2023, soit 3,2 % de la population en emploi.
5 grands groupes dominent cet agrégat : les professions libérales qui représentent 30 % de l’ensemble, les professeurs et professions scientifiques supérieures (21 %), les ingénieurs et cadres techniques d’entreprise (17 %), les cadres administratifs et commerciaux d’entreprise (15 %) et les cadres administratifs et techniques de la fonction publique (9 %).
Ces actifs sont plus souvent des hommes, plus âgés et nettement plus diplômés que l’ensemble des personnes en emploi. Ainsi, 78 % disposent d’un diplôme de niveau bac+5 ou plus, et 41 % sont titulaires d’un doctorat, une proportion sans commune mesure avec celle observée dans la population globale des actifs. La reproduction sociale y est également forte : 30 % ont grandi dans un ménage à dominante cadre, contre seulement 10 % dans l’ensemble de la population globale des actifs.
Des écarts de revenus élevés
Autre élément distinctif : le poids des indépendants. Ils représentent 34 % de cette catégorie, soit près de 3 fois leur part dans l’ensemble des actifs occupés. Cette surreprésentation s’explique notamment par la place des professions libérales, très présentes au sommet de la hiérarchie socioprofessionnelle.
En matière de revenus, l’écart avec le reste de la population est important. En 2022, le revenu d’activité médian des personnes à temps plein appartenant à cette catégorie atteignait 76 300 € par an, soit 1,7 fois plus que celui de l’ensemble des emplois de niveau supérieur et 2,6 fois plus que celui de l’ensemble des actifs en emploi.
Mais cette moyenne masque de fortes disparités. Le rapport entre les 10 % les moins rémunérés et les 10 % les mieux rémunérés y est plus élevé que dans l’ensemble de la population active. Cette dispersion tient, en partie, aux différences notables de rémunérations liées aux statuts : on note ainsi que les indépendants affichent un revenu médian de 88 600 €, contre 71 600 € pour les salariés. Les professions libérales étant les mieux rémunérées, avec un revenu médian de 89 400 € par an.
L’étude souligne enfin la persistance d’inégalités de genre. À temps plein, le revenu médian des femmes appartenant à la catégorie des dirigeants et professionnels de haut niveau reste inférieur de 19 % à celui des hommes. Un écart qui s’explique, notamment, par le fait que les femmes sont moins souvent cheffes d’entreprise et, parce qu’au sein « d’une même catégorie socioprofessionnelle, elles occupent plus souvent les métiers les moins rémunérateurs », précise l’Insee.



