Taux d’emploi : la France encore à la traîne

Sous la moyenne européenne, le taux d’emploi français traduit les difficultés structurelles d’un marché du travail qui peine à intégrer les jeunes et les seniors malgré de récentes réformes.

Contrairement au chômage qui comptabilise les personnes à la recherche d’un travail, le taux d’emploi recense celles qui, en âge de travailler, occupent effectivement un emploi. En France, son taux atteint, en 2026, 69 % des 15-64 ans, ce qui place notre pays à la 21e place sur les 27 états de l’Union européenne, et à 2 points de la moyenne de l’UE (71 %).

Les seniors…

En 10 ans, le taux d’emploi global est passé de 65 % à 69 %. Une hausse de 4 points qui s’explique par l’effet mécanique du recul de l’âge de départ à la retraite, mais aussi par le soutien apporté aux dispositifs d’apprentissage ces dernières années.

Car le retard de la France en matière de taux d’emploi est essentiellement dû au faible taux d’emploi des 15-24 ans (34 %) et des plus de 60 ans (44 %). À titre de comparaison, l’Allemagne, dont la culture de maintien dans l’emploi des seniors est très ancrée, compte plus de 67 % de sa population de plus de 60 ans encore au travail, contre 57 % aux États-Unis et, déclin démographique oblige, 73 % au Japon. En moyenne, au sein de l’Union européenne, le taux d’emploi des seniors atteint 55 %. Seules l’Espagne (43 %), pénalisée par des régimes historiques de préretraites, et l’Italie (42 %) font moins bien que nous dans l’intégration des plus de 60 ans dans le marché du travail.

… et les moins de 25 ans

Du côté des plus jeunes, malgré des progrès enregistrés ces dernières années avec le déploiement de l’apprentissage, le taux d’emploi des 15-24 ans (34 %) demeure encore faible comparé à un pays comme l’Allemagne (50 %) dans lequel l’apprentissage n’est pas un régime d’exception mais une voie classique de formation des jeunes dès l’âge de 16 ans.

Au Royaume-Uni (54 %) et aux États-Unis (51 %), le taux élevé d’emploi des jeunes s’explique par la généralisation des « student jobs » dans les commerces, la restauration et les services à domicile. Quant au Japon (48 %), en réponse à la pénurie de main-d’œuvre, il s’y est développé un système de préembauche des étudiants de dernière année qui leur garantit de travailler dès la fin de leurs études.

Une fois encore, l’Espagne (28 %) et l’Italie (20 %) font moins bien que la France (34 %) et que la moyenne des pays de l’UE (35 %), pénalisées par le fait que les étudiants ne travaillent pas en dehors de leurs études, ce qui les conduit à connaître un chômage de masse une fois ces dernières achevées.

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