Généralistes : des semaines plus courtes

La durée de travail des médecins généralistes libéraux recule de façon structurelle. Face à cette tendance, la profession s’organise pour préserver l’accès aux soins.

Alors que les tensions persistent dans les déserts médicaux, le temps de travail des médecins généralistes libéraux a diminué au cours des dernières années. C’est le constat dressé par un rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale des finances publié en juillet 2026, qui s’appuie directement sur les enquêtes statistiques de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. En moyenne, ces praticiens consacrent désormais 46 heures par semaine à leur activité, contre 54 heures en 2019. Ce volume se répartit entre 36,5 heures de consultations ou visites, 6 heures de gestion et 2,5 heures de mise à jour des connaissances. Cette moyenne masque toutefois de nettes disparités générationnelles, puisque les moins de 45 ans déclarent travailler 42,7 heures par semaine, soit plus de 5 heures de moins que leurs aînés.

Pour faire face à cette érosion du temps libéral et au recul de 8 % des jours d’exercice annuels constatés entre 2021 et 2025, la médecine de ville redéfinit ses modes opératoires. Les données des inspecteurs démontrent que cette baisse des jours travaillés ne se traduit pas par un effondrement mécanique de l’offre de soins. L’activité s’intensifie au quotidien, un généraliste voyant davantage de patients par journée d’exercice. En parallèle, la profession choisit massivement le collectif. L’exercice en cabinet de groupe est devenu majoritaire et concerne désormais 51 % des libéraux, contre 46 % en 2012, s’imposant comme le levier privilégié pour optimiser l’organisation des plannings.

Cette recomposition s’appuie également sur le développement des partages de compétences avec les assistants médicaux ou la délégation médicale vers d’autres professionnels de santé, tels que les infirmiers en pratique avancée ou encore les pharmaciens. Si ces nouvelles synergies visent à décharger les praticiens, le rapport officiel rappelle que « leur impact sur le temps médical est à ce stade insuffisamment évalué ». Reste que ces mutations profondes obligent l’ensemble de notre système de santé à repenser le maillage territorial pour garantir une prise en charge durable des patients.

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