Le chiffre d’affaires des commerçants indépendants recule de 3,2 % sur un an au 2e trimestre 2026. L’enquête, réalisée par L’Échommerces et la Confédération des Commerçants de France, relève une baisse à peine plus marquée qu’au 1er trimestre (-3,1 %). Les fortes chaleurs de juin ont pénalisé la fréquentation et le lancement des soldes. Elles n’expliquent pourtant pas une tendance vieille de plusieurs trimestres, que nourrissent surtout les arbitrages de consommation des ménages.
La mode et la restauration décrochent
La mode (-6,5 %) et les cafés, bars et restaurants (-5 %) subissent les plus fortes baisses. Viennent ensuite la bijouterie-horlogerie (-4,6 %) et les agences immobilières (-4,3 %). Quelques activités résistent : culture, cadeaux et jouets (+1,8 %) et hôtellerie (+1,1 %), portée par les ponts du printemps. Dans l’alimentaire, les replis restent plus modérés, de -0,9 % pour les boucheries-charcuteries à -2,1 % pour les boulangeries-pâtisseries.
L’ampleur du recul diminue à mesure que la taille de l’entreprise augmente : -4,2 % pour les commerçants sans salarié, -1,8 % au-delà de 20 salariés. Les commerces non sédentaires (-3,9 %) et ceux des rues de centre-ville (-3,7 %) souffrent davantage que ceux des centres commerciaux de périphérie (-2,1 %).
Une fin d’année fragilisée par les violences urbaines
Les multiples épisodes de fortes chaleurs de l’été ont pesé sur la fréquentation des commerces, puis les manifestations d’octobre ont aggravé la situation. Selon CCI France, plus de 2 500 commerces ont été endommagés le 17 octobre, dont près de 1 200 fortement dégradés, pillés ou incendiés. Les week-ends suivants, les centres-villes désertés ont entraîné de nouvelles pertes d’activité pour bon nombre de commerçants. Le coup est rude à l’approche de novembre et décembre, qui concentrent 40 % du chiffre d’affaires annuel du secteur. « Casser ou piller un commerce n’est pas manifester », a réagi Pierre Bosche, président de la Confédération des Commerçants de France. Il rappelle que « derrière chaque vitrine détruite, il y a un entrepreneur, des salariés, des familles et souvent des années de travail ». Sa priorité est désormais de soutenir les commerçants pour qu’ils puissent « reprendre leur activité le plus rapidement possible ».



