Le parc français d’ascenseurs prend de l’âge. Sur les 661 000 appareils en service, 40 % ont plus de 25 ans et un quart dépasse les 40 ans. Une situation qui préoccupe la Fédération des ascenseurs, alors que leur modernisation reste peu prise en compte dans les politiques de rénovation du logement. À l’occasion des Trophées de l’Ascenseur 2026, l’organisation professionnelle a appelé les pouvoirs publics à se saisir du sujet.
« Nous changeons de paradigme. La question n’est plus seulement de savoir combien de logements nous construisons, mais dans quelles conditions les Français pourront continuer à y vivre demain », s’inquiète Florence Bigé, présidente de la Fédération. Au-delà de la maintenance des appareils, c’est aussi la question de l’accessibilité des immeubles qui se pose, sur fond de vieillissement de la population. En 2030, près d’un Français sur 4 aura plus de 65 ans, selon l’Insee. Or, près de la moitié des habitants d’immeubles collectifs ne disposent pas d’un ascenseur. La France compte seulement 9 appareils pour 1 000 habitants, contre 22 en Espagne et 17 en Italie.
Le logement social en première ligne
La Fédération a décidé de porter le sujet sur le terrain législatif. Après une rencontre avec le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, début septembre, elle a soutenu 7 amendements au projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement. Trois ont été adoptés en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale.
Deux de ces dispositions concernent le parc social, particulièrement exposé au vieillissement de ses occupants. Les amendements prévoient d’inscrire la modernisation des ascenseurs parmi les objectifs de rénovation des logements sociaux et de rendre leur réfection obligatoire lors des travaux de rénovation énergétique. Leur adoption définitive reste toutefois suspendue à la suite de l’examen parlementaire.
Des aides publiques pour soutenir la rénovation
Autre priorité pour la profession : mieux anticiper les travaux de modernisation. Elle plaide pour l’intégration des ascenseurs au futur programme national de renouvellement urbain, l’Anru 3, ainsi qu’aux plans pluriannuels de travaux des copropriétés. Le financement de ces opérations reste toutefois difficile, notamment dans les quartiers prioritaires, où les ménages disposent souvent de ressources limitées.
Pour alléger la facture, les ascensoristes réclament également un élargissement des dispositifs d’aides publiques, notamment MaPrimeAdapt’, destiné à l’adaptation des logements au vieillissement, et MaPrimeRénov’, consacré à la rénovation énergétique. Ils mettent en avant les économies d’énergie permises par la modernisation des appareils, qui peuvent atteindre 70 % selon les estimations de la Fédération.



