Le changement est réglementaire. Il est aussi très concret. Entré en vigueur le 11 octobre, le décret du 9 octobre 2026 autorise désormais les médecins, sages-femmes, infirmiers libéraux et les centres de santé à s’approvisionner et à détenir des vaccins contre la grippe saisonnière et le Covid-19 pour les administrer aux publics ciblés par les recommandations vaccinales. Le texte précise aussi qu’après délivrance par le pharmacien, le transport et la conservation relèvent des professionnels qui reçoivent les doses. Il impose enfin une traçabilité de l’injection dans le carnet de santé, le carnet de vaccination et le dossier médical partagé, avec obligation d’en informer le médecin traitant.
Une couverture vaccinale insuffisante
Cette nouveauté intervient alors que les autorités veulent accélérer la vaccination. L’Assurance maladie appelle les personnes à risque à ne pas attendre, l’épidémie grippale pouvant débuter à tout moment et le vaccin nécessitant environ 2 semaines pour offrir une protection optimale. Pour cette campagne, 5 vaccins trivalents contre la grippe sont disponibles, dont 3 peuvent être administrés à l’ensemble de la population éligible et 2 sont réservés aux plus de 65 ans. Le contexte sanitaire reste préoccupant. La couverture vaccinale reste insuffisante chez les seniors, les malades chroniques et les femmes enceintes. Pour le Covid-19, les niveaux sont encore plus bas. Chez les professionnels de santé aussi, la couverture vaccinale reste insuffisante. Dans les Ehpad, elle atteignait à peine 25 % contre la grippe à la fin de la campagne 2022-2023, selon des données relayées par l’Assurance maladie.
Vers une obligation vaccinale pour les professionnels
Le souvenir de la saison 2025-2026 renforce cette pression. Selon Santé publique France, l’épisode grippal 2025-2026 a entraîné 115 000 passages aux urgences, dont 21 % ont conduit à une hospitalisation, ainsi qu’une surmortalité estimée à 12 140 décès, dont 90 % chez les 65 ans et plus. La campagne actuelle prend donc aussi une dimension politique. Le gouvernement la présente comme une première étape avant l’entrée en vigueur, annoncée d’ici à la fin du 1er trimestre 2027, de l’obligation vaccinale contre la grippe pour les professionnels concernés. « Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une couverture vaccinale encore trop faible chez les professionnels », affirme la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Reste à voir si cette possibilité de stockage en cabinet sera largement utilisée et si elle contribuera à relever la couverture vaccinale dès cet hiver.



