Le secteur de la restauration à l’épreuve de la canicule

La canicule a eu des conséquences inégales selon les segments de la restauration. Les restaurants gastronomiques, largement climatisés, ont vu leur fréquentation augmenter. À l’inverse, la restauration casual a été pénalisée.

La canicule de juin 2026, parmi les plus intenses jamais relevées en France, a pesé sur l’activité des restaurateurs. À ce titre, l’Umih a alerté sur un impact largement négatif : 91 % des professionnels interrogés disent avoir subi les effets de la chaleur, avec des baisses de fréquentation pouvant atteindre 65 %. Plus de la moitié évoquent un fort recul du chiffre d’affaires et 30 % estiment leurs pertes à plus de 30 % sur un an. De son côté, l’analyse de la plate-forme Lightspeed, basée sur des données anonymisées de son réseau de clients restaurateurs (1 805 établissements), dresse un tableau plus nuancé. Sur plus de 1,7 million de transactions étudiées en juin 2026, la fréquentation recule certes de 2,8 % par rapport à 2025 en France et de 3,4 % à Paris, mais reste supérieure à 2024, respectivement de 3,5 % et 7,2 %. Les effets diffèrent, par ailleurs, selon les types de restauration. La restauration gastronomique progresse nettement, avec une hausse des transactions de +11 % en France par rapport à 2025 (+21,2 % par rapport à 2024), et de +30,3 % à Paris. Les clients semblent privilégier les établissements capables d’offrir confort et fraîcheur, alors que seuls 50 % des restaurants seraient équipés de climatisation, selon l’Umih. À l’inverse, la restauration casual apparaît la plus fragilisée (-7,2 % de transactions vs 2025 en France). Concernant les habitudes de consommation de boissons, la canicule a entraîné un report notable vers les boissons sans alcool, dont les ventes en valeur ont bondi (+20,3 % en France vs 2024), au détriment du vin qui a enregistré un recul significatif (-8,5 % en valeur en France vs 2025).

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